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BACKELANDT Jean

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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Jean BACKLANDT est né le 21 août 1908 à Villers-Bretonneux (Somme). Ses parents, de la petite bourgeoisie, étaient fonctionnaires ; son père décède en 1916.

De 1927 à 1928, il vécut en Belgique.

Il effectua son service militaire en 1929 dans l'infanterie, à la fin de son temps, il s'engagea en 1930 et sera affecté en Syrie dans le Génie au service télégraphique. Breveté radio, il acquit des connaissances générales sur l'armée, et suivit durant 5 mois une instruction sur les manoeuvres d'infanterie et d'artillerie. Libéré en 1932 avec le grade de sergent, chef de poste radio.

Etudiant la philosophie et la théologie, il dira, " j'ai abandonné lorsque je me suis rendu compte de la stupidité et l'hypocrisie de la caste cléricale". Il reprit des études professionnelles de radiotélégraphie. Jean s'intéressa au mouvement ouvrier très rapidement, il écrivait ; " j'ai toujours recherché la justice, la liberté et l'égalité". Il effectua divers emplois (radiotélégraphiste, Electricien, chauffeur d'automobile et dans le secteur de la comptabilité). Il adhéra à la CGT en 1936, affilié à la FSI et assurait le secrétariat de sa section. Il devenait membre du PCF également en 1936 lors de la création de la cellule 2605 de Bethisy-Saint-Pierre (Oise). Il assurait la fonction de secrétaire du comité de presse du Rayon, s'occupait de la parution des articles dans les journaux du parti, et était responsable de quartier. Sa femme était adhérente du PCF et la majorité de sa famille était communiste. Jean Backelandt était membre de la Libre Pensée depuis 1934 et au comité antifasciste Amsterdam-Pleyel. Lecteur de "L'Humanité", "Regards", correspondant "Du Travailleur de la Somme & Oise" dans lequel il écrivit quelques articles, il indiquait lire aussi ce qui concernait le marxisme, la constitution de l'URSS, les soviets, et autres questions auxquelles il portait intérêt, comme "le bien-être du peuple, la paix et la fraternité".

Son dernier emploi fut en qualité d’intérimaire au service des gares de la Société Nationale des chemins de fer pour un salaire mensuel de 1350 Francs. Il soulignait qu'il n'avait pas été embauché car faisant de la propagande antifasciste et communiste.

Avant son départ comme volontaire en Espagne républicaine, il était marié, père de 3 enfants (dont un décédé), la famille résidait rue des Sablons à Béthisy-Saint-Pierre (Oise).

L'Espagne

Il arrive illégalement, aidé par le PCF, le 20 novembre 1937 via Espolla et rejoint Figueras, "pour vaincre le fascisme et assurer la paix ". Il arrive à Albacete le 25 où il est affecté le 27 à la 3e Compagnie du 10e Bataillon Domingo Germinal de la 14BI. Le 7 décembre 1937 il est affecté au service des transmissions de la 14BI. (Ordre du Jour n°252) Le 14 décembre 1937, le service du personnel de la section franco-belge le propose pour l'école des téléphonistes et radios. Il participe à tous les combats avec cette Brigade, il cite notamment les fronts de l'Est, Escorial, Aragon (Caspe) Offensive franquiste d’Aragon, Ebre Bataille de l’Ebre, Catalogne.

Il est hospitalisé du 9 avril au 5 mai 1938 pour une gastro-entérite. Il devient membre du PCE en février 1938.

Durant son engagement, il n'obtient pas de permission. Sa situation familiale étant devenue très précaire, il écrit deux lettres à André Marty, lettres reproduites in extenso.

« Le 20 avril 1938 - Camarade Marty Je me permets de t'envoyer cette présente pour te demander de bien vouloir me faire accorder la permission que j'ai sollicitée il y a une quinzaine de jours. Voici ce qui m'a déterminé à faire cette demande. Lorsque j'ai quitté la France, ma famille était à l'abri du besoin ; en effet, ma femme travaillait et touchait 18 francs par jour pour mes deux enfants. Mais malheureusement cet état a changé et la misère et la maladie sont entrées chez moi. Lorsque nous étions en position devant Caspe, je recevais une lettre m'annonçant que j'allais être père pour une quatrième fois, dans les premiers jours de juin, ce que j'étais loin de m'attendre. Par suite de son état ma femme ne peut plus travailler, car lorsqu'elle est sur le point d'être mère, elle est souvent malade et doit garder le lit. Il y a 15 jours, je recevais une lettre me disant que la plus jeune de mes filles (elle a un an) est atteinte d'une infirmité des jambes et qu'un traitement assez coûteux est nécessaire pour remettre ses petites jambes en état normal. Tu peux donc juger dans quel état d'esprit je suis actuellement. Savoir que ma femme est malade, que ma petite est infirme et qu'elles n'ont que 18 francs par jour pour subvenir aux besoins du ménage et se soigner cela m'affecte profondément. D'autre part, ma femme m'écrivait fin novembre dernier que j'avais un rappel de 3.000 frcs à toucher provenant d'une pension de guerre (nous avons tout perdu en 14, et mon père est mort des suites de guerre). Etant en pays étranger, j'ai un certain délai pour faire les démarches nécessaires à l'encaissement de cette somme, mais je crois qu'elle serait grandement utile aux besoins de ma petite famille. J'ai d'abord essayé de faire encaisser cette somme par ma femme, mais cela n'a pas été possible. Ma femme ne peut voyager dans l'état où elle se trouve (elle demeure dans l'Oise et moi je suis du Nord). Elle n'a jamais quitté son pays et n'est guère qualifiée pour s'occuper des questions d'argent. Si tu consens à me faire accorder les 15 jours de permission demandés, cela me permettra de mettre ma famille à l'abri du besoin et mes chères malades pourront se soigner. Je pourrai donc revenir en toute sécurité reprendre ma place aux côtés de nos frères antifascistes jusqu'au triomphe final. Ma demande a été approuvée par le commandant et le commissaire du camp de récupération où j'ai été dirigé en sortant de l'hôpital. N'ayant eu aucune réponse, je fais appel à toi, notre chef politique et militaire. Espérant que tu ne me refuseras pas d'aller secourir ma famille, reçois camarade Marty, mes remerciements anticipés et mon salut antifasciste Ton dévoué J.B.......... PS- J'ai joint à ma demande, des extraits de lettres de ma femme mentionnant sa lamentable situation. Je possède un certificat du docteur et un certificat de ma cellule contresigné par la section er la région. Ma responsabilité étant grande, je ne veux pas avoir les reproches d'une infirme. »

Une seconde lettre rédigée le 15 septembre 1938 à l'attention de A. Marty :

« Camarade Marty Excuse moi de venir te solliciter à nouveau, mais je puis laisser les miens dans la misère. Je t'ai écrit au mois de juin pour que tu me fasses accorder une permission. Ma femme étant sur le point d'accoucher, n'ayant aucun secours. Après les démarches qui ont été faites, ma femme a été à l'abri du besoin durant son accouchement. Le comité d'aide de ma région ont fait des collectes qui ont bien aidées ma femme. Mais depuis quelque temps, le comité d'aide ne verse plus l'allocation. Ma femme n'a plus de travail et se retrouve avec 3 enfants sur les bras. Tu dois comprendre que je ne puis laisser ma femme et mes gosses mourir de faim. Comme je te l'ai déjà écrit, j'ai une somme de 3000 f à toucher, cette somme serait bien utile pour ma famille. Tu m'avais promis les 15 jours de permission que je sollicitais, dès que les tours seraient rétablis. Depuis un mois, je connais au moins 15 camarades qui sont partis en permission. Je crois donc que vu ma situation de famille, tu pourrais me faire obtenir les 15 jours demandés. Le temps de régler mes affaires et de revenir (il ya bientôt un an que je suis ici et je tiens absolument à défiler à Madrid). Cher camarade Marty avec mes remerciements anticipés, reçois l'assurance de mes sentiments fraternels et communistes. Ton dévoué, signature PS. voici quelques renseignements : Je suis en Espagne depuis novembre 1937et j'ai fait tous les fronts de la 14e Brigade depuis tout ce temps. Excuse mon griffonnage, mais j'écris sur mes genoux de l'autre côté de l'Ebre sous le bombardement des fachos."

Au dos de ce courrier figure une annotation manuscrite signée Marty indiquant," a demandé son rapatriement le 22 septembre au cap. Santes uniquement à cause de sa situation de famille" - « à noter dans le dossier des envois du PCF Backelandt n'aurait jamais dû venir en Espagne »

Un article du "Travailleur de la Somme et Oise" non daté lui est consacré.

Jean Backeland figure sur une liste d’hospitalisés à Vich sans date connue, et avec le n°20.292 sur une liste de volontaires français blessés ou malades rapatriés en janvier 1939.

Il décède le 13 septembre 1944 à Surgères (Charente-Maritime).

Sources

RGASPI (Moscou, F. 545. op. 2. d. 102 . 123. 290 et 303) - RGASPI (Moscou, F. 545. op. 3. d. 368. op.6. d. 35. 1038 et 1060) - ‎