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CORYN Jean

De Encyclopédie : Brigades Internationales,volontaires français et immigrés en Espagne (1936-1939)
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Jean, Emile, Etienne, Pierre CORYN est né le 31 août 1908, 81 avenue Ledru-Rollin à Paris 12e. Son père, ami de Jean Jaurès, était ébéniste d’art au Faubourg Saint-Antoine et militait avant la 1ère guerre mondiale au Parti socialiste. Engagé volontaire dès la mobilisation, il est tué le 8 décembre 1915 en Bulgarie dans l’Armée d’Orient. Sa mère, Marie Emilie Legras, fille de Communard, était professeur de violon.

Boursier car orphelin de guerre, il faisait des études secondaires au lycée Voltaire et devenait bachelier en 1926. Inscrit à la Faculté de Droit, il travaillait en même temps comme clerc d’avoué pour 800 frs par mois. Une fois licencié en droit, il trouvait un emploi chez Maître Ribardière, avocat près du Tribunal de Commerce de la Seine.

C’est pendant ses études de droit qu’il était « venu au socialisme », notamment en lisant des ouvrages d’économie politique. Il fit plusieurs séjours en Allemagne pendant ses vacances, en donnant des leçons de français pour y gagner sa vie.

Il effectuait son service militaire dans l'infanterie à Alger d’octobre 1932 à août 1933, et suivit le peloton des EOR (élèves officiers de réserve) en réussissant brillamment le concours. Dénoncé pour ses idées communistes, il devait partir dans un bataillon disciplinaire en Kabylie, mais finalement il fut envoyé en manœuvres et démobilisé avec le grade de caporal.

A son retour en 1933, il adhérait au PCF.

Après plusieurs emplois dans différents cabinets d’avocat, il montait son propre cabinet en 1935 et devint avocat à la Cour d’Appel de Paris. A côté de sa clientèle d’affaires, il faisait partie du groupe d’avocats formé par Georges Pitard pour s’occuper de dossiers envoyés par la section française du SRI (Secours Rouge International) ou par des syndicats.

Il se mariait en juillet 1937 avec Raymonde Beaujean, elle aussi membre du PCF, qui travaillait chez le couturier Patou où elle était déléguée d’atelier.

Ils habitaient 14 rue du Général Foy dans le 8e arrondissement de Paris.

L’Espagne

Aidé par la maison des syndicats rue Mathurin Moreau, il arrive en Espagne par le train et la montagne via Massanet le 22 février 1938. Il part de Figueras pour Albacete avec un convoi de 78 Français, Belges et Italiens, avec le titre de responsable militaire, « le responsable politique étant le camarade Desports » (note du 3 mars 38).

Il est incorporé le 12 mars à la 14e BI, et affecté le 22 mars à la 4e Compagnie du 3e Bataillon Vaillant-Couturier

Il est blessé à une date inconnue et soigné à l’hôpital de Reus.

Dans une lettre manuscrite du 18 mai écrite sur le front, il sollicite son adhésion au PCE.

Il est mentionné sur l’OJ n° 432 du 11 juin 1938 comme appartenant toujours au bataillon Paul Vaillant-Couturier.

Il est déclaré « déserteur au moment de la relève du bataillon dans la nuit du 5 au 6 juillet 1938 ». En fait, il a été fait prisonnier par l’ennemi, détenu au camp de San Pedro de Cardena, ce qui sera attesté par un document daté du 11 novembre 1938 avec la source de l’information, la Croix Rouge.

Il réussit à s’évader et rentre en France en mars 1939, ne pesant que 40 kg (source familiale).

Il figure sur la cartothèque du 6 mai 1938 « Jean Coryn, 30 ans, soldat, BAO » et fera les fronts de Caspe Offensive franquiste d’Aragon et de l’Ebre Bataille de l’Ebre (Benifallet, Amposta).

La Résistance

Il poursuivra son engagement antifasciste en assurant la défense des résistants arrêtés par l’occupant nazi.

Il décède le 10 février 1984 à Lagny-le-sec (Oise).


Sources

RGASPI (Moscou, F. 545. op.2. d. 123) - RGASPI (Moscou, F. 545. op.3. d. 370) - RGASPI (Moscou, F. 545. op. 6. d. 36. d. 1045 et 1131) - INSEE - source familiale Pierre Coryn -